Rencontre avec Eric Tourneret, le photographe des abeilles

Le photographe des abeillesPour ce photo-journaliste autodidacte, la photographie est un « outil à raconter ». Un outil à raconter les beautés de la nature sauvage que cet enfant des montagnes aime tant. Depuis 15 ans, il ne quitte pas son appareil-photo, il a parcouru près de 13 pays, pris plus de 100 000 clichés d’abeilles et de ruches…

D’où vient votre intérêt pour les abeilles ?
Enfant de la campagne, je me suis toujours intéressé aux abeilles, mais c’est en 2004 que j’ai pris la décision d’y consacrer ma vie professionnelle. Les abeilles commençaient à mourir par milliers et personne n’en parlait. Ce silence qui rendait le sujet politiquement incorrect m’a conforté dans mon choix.

Comment avez-vous alors apprivoisé le monde des abeilles ?
J’avais déjà réalisé un reportage sur la chasse au miel à Madagascar qui m’avait beaucoup plu. Un apiculteur du sud de la France m’a prêté une maison, une solution idéale pour moi : pendant 3 ans, j’ai pu « vivre à côté des abeilles » dans une région qui leur était propice et qui me l’était aussi puisque la lumière y est d’une constance idéale.

Qu’est ce qui vous a le plus touché au cours de vos reportages sur les abeilles ?
Ce qui me touche beaucoup c’est l’intensité de la relation qui lie encore certains apiculteurs à leurs abeilles. En Roumanie par exemple, tous les apiculteurs vivent au sens littéral avec leurs abeilles, ils ont des petits cheptels (une centaine de ruches) et s’en occupent tous les jours. C’est un rapport quotidien, charnel, fusionnel. Ils vont jusqu’à dormir à côté de leurs ruches lorsqu’elles sont en transhumance. Une attitude très éloignée de l’apiculture mécanisée qui, froidement, dépose puis retire ses ruches le long de grandes monocultures…

Comment vont les abeilles dans le monde ?
Les abeilles ne vont pas bien. Elles sont menacées partout : par les monocultures et les pesticides dans les pays développés, par la pression démographique et la déforestation dans les pays dit en voie de développement.

Mais vous gardez espoir ?
Je suis plein d’espoir ! Nous sommes les victimes du « tableur excel », qui nous coupe du réel et qui oublie l’humain. Mais, avec l’épuisement des ressources naturelles, ce monde que les banques nous imposent, va prendre fin. Si nous nous préparons à gérer cette transition, si nous revenons vers une économie locale, stimulons la réinsertion de la nature en ville, nous franchirons avec succès la transition vers une société plus humaine.

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Un programme bien chargé pour notre visite de printemps au Rucher-école

Beaucoup de travail nous attendait ce samedi : évaluation de l’état sanitaire des colonies, des provisions, nettoyage et désinfection du matériel…

Une chance la météo était avec nous, plus de 18°, nous pouvions ouvrir les ruches sans risquer de les refroidir. Les ruches étaient très lourdes, beaucoup de couvains et de provisions, nous avons donc divisé certaines d’entre elles pour leur faire plus de place et créer ainsi de nouveaux essaims. Les ruches atteintes de la maladie noire que nous avions repérées la fois d’avant semblaient aller un peu mieux. Nous avons donc décidé de les laisser tranquille.
Enfin, nous avons eu la chance de voir en direct un essaimage d’une des ruches trop peuplées qui devait avoir besoin de place. Nous avons retrouvé l’essaim en haut d’un arbre quelques heures après et avons pu le récupérer.

A bientôt !
Marjorie

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Les projets de la Fondation racontés par ceux qui les portent… Rencontre avec Samuel Lachaume.

Intelligence Verte : quel est le but de cette association ? La Ferme de Sainte Marthe, créée par Philippe Desbrosses, a pour objectif de faire connaître, de cultiver et commercialiser des variétés de semences anciennes. C’est pour séparer ses activités commerciales de ses activités pédagogiques, que l’association Intelligence Verte a été créée en 1999.

Et depuis que fait Intelligence Verte ? En plus d’organiser des formations et des évènements de sensibilisation autour de l’agriculture biologique, Intelligence Verte s’occupe de recenser et de redévelopper des variétés de graines anciennes à échanger.

Comment fonctionne cet échange ? Les particuliers, les chercheurs, les scientifiques, les passionnés à la retraite nous envoient des semences de variétés qu’ils cultivent. Nous les stockons dans notre conservatoire, en chambre froide. Puis nous les sortons, les cultivons et reproposons les semences ainsi collectées à tous ceux qui le désirent.

Donc tout le monde peut vous envoyer ses graines ? Et oui, aucune restriction ! Cependant pour que nous puissions les étudier et les reproduire au mieux, un nombre d’explications minimum est nécessaire. Il faut nous indiquer le nom, l’origine, les conditions de culture (nature du terrain, durée de culture, date de récolte)…

Et aujourd’hui cela fonctionne ? Nous avons, à ce jour, plus de 1000 semences au conservatoire. Le problème est que nous souhaitons faire une conservation dynamique. La dimension « archivage » de graines est en effet déjà gérée par de nombreux conservatoires. Notre objectif est de « sortir » un maximum de semences des frigos. Or temps et argent sont nécessaires pour réaliser cela, et c’est là que la fondation Melvita nous a apporté son soutien. Grâce à elle nous avons pu « sortir » et cultiver près de 50 semences cette année (tomates, haricots, maïs essentiellement).

Ca doit être enthousiasmant de sortir des variétés anciennes ? C’est passionnant, et c’est une immense joie de pouvoir sortir une graine, de la cultiver. Rien que de lire le descriptif de certaines graines fait rêver. La nature produit d’elle-même ce dont elle a besoin, il suffit juste de prendre le temps d’étudier les semences pour trouver les plus adaptées au climat et au terrain… Les voir pousser est magique !

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Les projets de la Fondation racontés par ceux qui les portent… Rencontre avec Delphine Dacher de l’association Savoirs de Terroirs

Quelle est l’action de Savoirs de Terroirs ? Savoirs et Terroirs est une association ardéchoise qui travaille sur le patrimoine rural. Elle vise à sauvegarder, transmettre et valoriser les connaissances et les savoir-faire ruraux liés au monde végétal.

Pourquoi ? Parce qu’au fil du temps, les savoir-faire traditionnels se perdent dans les méandres des mémoires… Alors Savoirs de Terroirs recherche, inventorie, diffuse les semences et les techniques des pratiques écologiques.

Concrètement, comment conservez-vous les semences anciennes ? Nous avons créé un jardin des savoirs, c’est un jardin conservatoire où l’on cultive des plantes aromatiques, médicinales, potagères… Là les semences sont récoltées puis conservées dans des frigos et congélateurs. Nous les prêtons ensuite à ceux qui souhaitent les cultiver contre l’engagement d’une restitution des graines à l’issue de leur culture.

Et comment diffusez-vous les savoir-faire ruraux ? Chacun est invité à venir découvrir le jardin conservatoire ou consulter des documents au centre ! Tout au long de l’année nous organisons également  des « rencontres paysannes » à la découverte des savoir-faire locaux et nous avons monté une exposition sur la biodiversité cultivée.  Enfin, chaque année, nous organisons le festival Ethnoplante, rencontre conviviale autour des savoirs écologiques paysans.

Nous travaillons également sur un centre de ressources ethnobotaniques Rhône-Alpes pour mutualiser les compétences et les outils pour la protection de la biodiversité végétale et le soutien des professionnels qui travaillent dans le domaine.

Et vis-à-vis des agriculteurs ? Nous avons pour projet de mettre en place une action pour former les agriculteurs à la production et à la valorisation de leurs propres semences en Drôme Ardèche.

Et vous Delphine, vous êtes passionnée par les semences ? Je suis passionnée par les plantes tout court ! J’avais, jusqu’à présent, toujours travaillé dans la gestion de projets en développement durable, et me formais par ailleurs à la botanique et aux plantes médicinales. Savoirs de Terroirs me permet donc de concilier compétence et passion…

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